Mercredi 8 Juin 2022
Paradoxe de l’égalité des sexes
Les lois, règlementations et autres circulaires administratives régissent les obligations légales relevant du handicap et de l’accessibilité.Quotas, pénalités et sanctions financières sont appliqués. Dans le même esprit, la plateforme Parcoursup gère les listes d’admis en appliquant un interclassement de dix pour cent d’étudiant.es boursier.es.
Prenant en compte des critères sociaux, ces mesures officielles permettent aux minorités et autresgroupes discriminés d’être représentés.
La moitié de l’humanité ne constituant pas une minorité, rares sont les politiques de quotas soutenuesen termes d’équilibre de genre et de mixité, à s’appliquer : ce déséquilibre constitue un problème potentiel, en particulier en ce qui concerne les filières du « numérique », depuis les choix de spécialités au lycée jusqu’à la représentation des femmes seniors dans les postes à responsabilité ou à compétences techniques, en passant pas les effectifs d’étudiant.es en BUT, à l’université, en CPGE MP2I, en écoles d’ingénieur, etc. « Un drame social et économique » pour la filière comme le qualifie Henri d’Agrain, délégué général du CIGREF.
Les universitaires ont lancédiverses enquêtes et études sur cette question cruciale (/Mothers in Sciences/, UNESCO /« I’d blush if I could »/, etc.), en raison de la sous-représentation avérée, reconnue et désormais « installée » des femmes dans les domaines des STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques).

Le « paradoxe de l’égalité des sexes » fait observer que cette sous-représentation des femmes dans ces domaines scientifiques est une caractéristique des pays dits « développés ».
« We are open. The door is just very heavy». La porte n’est pas fermée mais s’avère beaucoup plus lourde pour les femmes qui doivent investir pour avoir « un pied dedans» afin d’être invitées, intégrées,acceptées, embauchées, promues, etc.
Se battre pour briser le plafond de verre dans de nombreuses professions ou, rencontrant beaucoup d’obstacles, parfois implicites et subjectifs, quitter le plancher collant qui limite à des  positions non stratégiques et empêche la carrière scientifique de vraiment décoller, relève d’une prise de conscience collective.
Le phénomène du tube de dentifrice est également invoqué comme une métaphore qui illustre comment, peu nombreuses, les collègues féminines doivent assumer les comités et les représentations se conformer aux quotas F/H imposés pour l’embauche ou la médiation, par exemple. La conséquence peut être une sollicitation excessive et une incidence sur le collectif, avec uneffet négatif sur les membres sous-représentés qui peut (injustement) renforcer la tendance « syndrome de l’imposteur ».
Tout comme l’inclusivité et l’accessibilité permettent à toutes et tous de bénéficier d’aménagements destinés initialement aux situations de handicap, visible ou non, des mesures doivent être prises pour atteindre un équilibre via la mixité, la diversité, l’inclusion et la cohabitation équitable sans discrimination.
Dans la science elle-même, et pas seulement en termes de population ou de scientométrie, un nouveau phénomène se pose également avec l’évolution des sujets, des techniques et des outils, comme l’illustre l’exemple frappant de risque d’invisibilisation du genre et des minorités dans l’IA : les biais de représentation sociale sont soulignés (peu d’entrées dans Wikipedia, effet Matilda, manque de figures historiques et d’illustrations, rares « modèles » en science,...) avec des données d’apprentissage déséquilibrées, peu représentatives, de mauvaise qualité (GIGO) etc. La double question est celle de la « loyauté » des algorithmes et systèmes (d’aide à la) décision, à savoir comment les systèmes sont fondés, sur quelles règles et par qui,  avec le risque de biais « encodés » non conscients de toute la diversité que toute décision implique.
Mis à jour le 7 June 2022